Sous les abat-jour jaunes, la soirée avance au rythme du citron
Les jardins en restanques déposaient ici leurs cageots avant l'expédition. Nous avons gardé la table de tri, les pochoirs sur les caisses et l'odeur d'huile d'olive — le reste est devenu une salle à manger et cinq tapis de cartes.




D'un atelier de conditionnement à une salle du soir
Jusqu'aux années soixante, les caisses de citrons arrivaient ici par charrette, étaient triées au calibre puis clouées pour le train. Le bâtiment a ensuite servi de garde-meubles pendant trente ans.
Nous avons dégagé la charpente, remis les vitrages en toiture et laissé la table de tri au milieu de la salle : elle sert aujourd'hui de desserte et de vestiaire.
Quarante couverts au maximum, cinq tapis derrière la cloison de bois. Passé ce nombre, la charpente renvoie les voix et personne ne s'entend plus aux cartes.

Cinq tapis
Feutre remplacé chaque printemps, jetons prêtés par le tiroir de la maison.
Table de tri
Le meuble d'origine, gardé au centre de la salle.
Quarante places
Deux services, jamais davantage, et pas un convive mineur.
La maison avant le premier couvert






Cinq soirées, cinq caractères
Heure d'apprentissage à 18h, huit places, sans participation
Tapis lents, un joueur de la maison passe de table en table
Soirée « à l'heure du citron », carte courte et abat-jour baissés
Salle pleine, réservation vivement conseillée
Ouverture avancée, partie amicale à 21h30 sans enjeu
Marché, cueillette et repos
Cave, réassort et remise en état des jeux
Cinq tapis derrière la cloison de bois
Le salon occupe l'ancienne chambre de mûrissement : murs chaulés, un abat-jour jaune par table, aucune ouverture sur la rue. On y joue aux cartes, rien d'autre.
Nos jetons sont des jetons de calibrage, comme ceux qui servaient à trier les fruits : ils disent où en est la partie, pas davantage. On ne les achète pas, on ne les échange contre rien, et sitôt la porte franchie ils redeviennent des rondelles.
Personne n'a jamais posé d'appareil à sous sous cette charpente et l'idée ne nous est pas venue : cinq tables, des jeux repris chaque saison et des voisins qui parlent fort, cela remplit une soirée sans aide.

Tapis sans liste
Trois d'entre eux se prennent à mesure que la salle se remplit.
Tapis promis
Les deux autres se retiennent la veille, cinq chaises chacun.
L'heure du mardi
Les règles expliquées avant le service, offertes, huit chaises.
Six réponses avant de monter la rue
Peut-on jouer depuis chez soi ?
Non, et il n'y a rien à installer : cette page raconte une adresse, elle ne distribue pas de cartes. Il faut monter la rue et pousser la porte pendant le service.
Joue-t-on de l'argent aux tapis ?
Jamais. Rien n'est misé, rien n'est versé, aucune caisse ne circule : les jetons disent qui mène, et le compte s'efface au moment de la fermeture.
Trouve-t-on des appareils à sous ?
Pas un seul dans le bâtiment, et nous n'en ferons pas entrer.
Vaut-il mieux réserver ?
Pour dîner un vendredi ou un samedi, oui. Pour les tapis sans liste, il suffit d'arriver : on s'assoit tant qu'il reste une chaise.
Et si je n'ai jamais tenu treize cartes ?
Le mardi à 18h, quelqu'un explique les règles pendant une heure à huit personnes, sans rien demander en échange.
Un jeune de dix-sept ans peut-il seulement dîner ?
Non. La règle vaut pour la salle à manger comme pour le salon, accompagné ou pas.
Six règles, affichées à l'entrée
- Personne ne s'attable ici avant dix-huit ans, qu'il vienne pour une assiette ou pour un jeu de cartes.
- Nous vérifions l'âge tantôt sur le seuil, tantôt plus tard au bord d'un tapis : cela n'a rien de personnel.
- Les jetons appartiennent au tiroir de la maison ; hors du salon ce sont des rondelles sans prix.
- Rien ne se paie entre joueurs : pas un billet sur le feutre, pas une dette réglée au comptoir ensuite.
- Pas un appareil à sous, pas un écran de mise, pas un terminal : il n'y a que des cartes ici.
- Dès que quelqu'un a visiblement assez bu, le comptoir s'arrête là et nous faisons venir une voiture.
Rue Saint-Michel, entre les Halles et la vieille ville
La maison
12 rue Saint-Michel, 06500 Menton
Pour appeler
+33 4 93 57 62 30 · reservation@playazurin.com
Les soirs d'ouverture
Du mardi au samedi, 18h00 – 01h00
Le citron mène la cuisine, la saison mène le citron
Nous cuisinons ce que les jardins voisins livrent le matin : citrons entiers, confits ou en zeste, huile d'olive de la vallée, herbes ramassées en restanque.
Le barbajuan reste au menu toute l'année ; le reste tourne selon la cueillette, abondante de novembre à avril, presque nulle en plein été.
La cuisine s'arrête à 22h30. Ensuite, le comptoir continue avec de la fougasse, des olives de la vallée et des fromages de chèvre du haut pays.

Barbajuan
Blette, riz, huile d'olive : la recette n'a pas bougé.
Pichade
Pâte lente, oignons fondus, servie en part le vendredi.
Au verre
Huit références, dont deux blancs de Bellet.
Quatre bouteilles que nous gardons debout
La cave tient dans l'ancienne chambre froide des agrumes : douze degrés toute l'année, sans climatisation. Nous n'achetons qu'à des vignerons dont nous avons vu les vignes, et nous servons tout au verre pour que personne n'ouvre une bouteille par obligation.
| 2016 | Bellet blanc, rolle des collines, une caisse achetée à la vendange |
| 2018 | Rouge de la vallée du Careï, folle noire, servi frais et jamais chambré |
| 2021 | Blanc de la frontière italienne, vermentino, notre verre du mardi |
| 2023 | Cidre de poire des restanques, la seule bouteille sans alcool fort |
Une chaise devant, un tapis derrière
Un appel vaut mieux qu'un message : quelqu'un décroche dès 16h, écrit votre nom sur le cahier et demande si c'est pour l'assiette, pour les cartes, ou pour rester jusqu'à la dernière donne.
Appeler la maison